Liverdun
est à n'en pas douter d'origine très ancienne.
La position de son site facilement défendable, la forme celtique de son nom, la
découverte sur son sol de monnaies romaines et de vestiges antiques viennent à
l'appui de cette thèse.
Dans son nom, on relève le suffixe gaulois dunum (devenu dun en
français) qui désigne une forteresse située sur une hauteur.
Lors de fouilles archéologiques on a retrouvé des traces de l'âge de bronze
(vers l'an 1000 avant notre ère), des vestiges gallo-romains, des sépultures
franques des 7e et 8e siècles (bijoux, armes, etc. sont conservés au musée
Lorrain, en vieille ville à NANCY).
Liverdun par son éperon calcaire barrant presque la vallée de la Moselle fut
transformé en position fortifiée par les peuplades préhistoriques et
gauloises puis par les Romains.
| 275 | Ruée germanique qui ne laisse rien subsister des trois siècles précédents, dévaste toutes les stations gallo-romaines de la région. |
| 357 | L'empereur romain Julien rétablit la situation et c'est sous son règne que l'on commence à parler de la localité. |
| 362 | Saint-Euchaire martyrisé à Pompey revient, dit la légende, jusqu'à Liverdun, où il rend son âme à Dieu. |
| 406 | Une
charte de Dagobert nous apprend que les vandales assiégèrent Liverdun
mais ne purent s'en emparer. Ce même fait est rappelé dans une charte du roi Arnuf. |
| 622 | Suivant un autre diplôme (quelque peu suspect) Dagobert aurait donné à la cathédrale de Toul les châteaux de Vicherey et de Liverdun du temps de l'évêque Teutfried |
| 730 | Un
certain Arnould, officier de Charles Martel, tente sans succès
d'empiéter sur le domaine de Liverdun. La place forte reste aux mains des évêques de Toul. |
| 927 | Le prince de Toul, Vilfard, signe une charte par laquelle Saint Gauzelin désigne le comte Oldéric comme avoué (1) du bourg de Liverdun. |
| 996 | Berthold accord la vouerie (1) de Liverdun à Thierry, duc de Haute Lorraine. |
| 1165 | Un
conflit vient de surgir entre l'évêque de Toul, Pierre de BRIXEY, le duc
de Lorraine et l'évêque de Verdun. Pour parer à un coup de main, Pierre de BRIXEY entreprend de remettre en état la citadelle et de reconstruire les remparts. |
| 1182 | Pierre
de BRIXEY termine la restauration de son château; il accorde à ses
sujets l'année suivante une charte d'affranchissement, qui leur donne le droit de chasse et de pêche (les fusils &
filets représentés dans les armoiries de LIVERDUN témoignent de ces
privilèges). Il ne manque pas de rappeler son oeuvre en ces termes : "Je, Pierre par la grâce de Dieu, évêque de Leuques (2) fais savoir à tous... Un antique et noble château qui depuis les temps anciens s'appelle Liverdun, ayant été détruit pendant de longues années et réduit à un petit village. Nous, avec l'aide de la Providence divine après avoir trouvé le moment favorable nous l'avons reconstruit et rendu assez magnifique et digne d'admiration : d'un petit village nous avons fait un fort et noble château, a porte inexpugnable de tout l'évêché de Toul " Mais Pierre de BRIXEY avait obtenu de l'empereur Barberousse l'autorisation de frapper monnaie à Liverdun. Des pièces datant de 1191 portent à l'envers un poisson en pal (3) et l'inscription LIVERDUN et au revers un château fort avec la désignation PETRUS. (voir - cliquer ici) |
| 1184 | Au
coeur de la citadelle Pierre de BRIXEY fait élever la collégiale
Saint-Euchaire où il place un prévôt, un doyen, et quatre chanoines, et
où sont conservées les reliques de Saint Euchaire. A cette époque, il existe un pont sur la Moselle dont l'évêque est le maître absolu. Il semble qu'il ait été reconstruit en même temps que le château. |
| 1189 | Pierre de BRIXEY quitte la région pour partir en croisade à la suite de l'empereur Barberousse et meurt en 1192 à Jérusalem où il est enterré. |
| 1224 | L'évêque Gilles de SORCY établit un marché. Cependant, les affaires entre bourgeois et évêque de Toul ne vont pas pour le mieux. |
| 1279 |
Épiscopat
de Conrad, les bourgeois se révoltent. Attaqué dans son château, Conrad parvient à s'enfuir et se retranche dans sa forteresse de Liverdun. Puis la paix se fait en 1284 et Conrad quitte Liverdun pour rentrer dans son château de Toul. |
| 1330 | L'évêque
Thomas de Bourlémont cède par traité secret sa place forte à Édouard,
comte de Bar. Par ce biais Liverdun échappe à la Lorraine. |
| 1365 | Bertrand de la Tour d'Auvergne, succédant à Thomas de Bourlémont, conclut, pour lutter contre les aventuriers qui infestent le pays, une alliance avec le gouverneur de Lorraine et fait placer des troupes ducales dans Maizières et Liverdun. |
| 1396 | Sous
prétexte de protéger les forteresses, les Lorrains s'emparent des biens
de l'évêché. Bon prince, le duc Charles II prend sous sa protection les habitants de la forteresse, moyennant tout de même une redevance de 12 sous toulois. Cependant, l'évêque Jean de Heu parvient à obtenir l'évacuation de ce château. |
| 1402 | Les Lorrains, attaqués par le bailli de Chaumont parti d'Orléans, battent en retraite jusque Liverdun où ils sont pris dans une embuscade de la garnison. |
| 1436 | Peu
à peu la citadelle se fortifie et s'accroît. Elle s'est considérablement renforcée lorsqu'on y porte la dépouille du prélat Henri de Ville. |
| 1458 | Guillaume Filiâtre, 69ème évêque en désaccord avec les bourgeois de Toul se retire à Liverdun où il transporte l'officialité ainsi que les archives. |
| 1460 | Jean
de Cheurot lui succède, puis Antoine de Neufchâtel. Antoine de Neufchâtel, évêque de Toul nommé à 12 ans, est du parti bourguignon. Son père, Thibaut, qui a subi un affront à Épinal, jure de se venger du Duc de Lorraine. Il occupe les châteaux de son fils dont celui de Liverdun puis pille et brûle des villages lorrains. Jean de Fénétrange, maréchal de Lorraine, est alors chargé de l'arrêter. |
| 1467 | Liverdun
assiégée est prise le 16 septembre par le
Maréchal de Fénétrange qui
ordonne la destruction de son château et de ses murailles. La ville forte de 400 hommes obtient la faveur d'une capitulation honorable. Les remparts sont démolis, les soldats lorrains pillent, saccagent, le feu se déclare au château brûlant la plus grande partie des archives de la cité. Le maréchal transportera le reste à la collégiale Saint-Georges à NANCY. Ce fut une perte irréparable. Ces journées sonnèrent le glas de la forteresse qui ne devait plus retrouver sa puissance d'antan. |
| 1477 | Victoire
du Duc de Lorraine René II sur Charles de Bourgogne dit Le Téméraire. A
cette occasion le Duc René II accorde généreusement son pardon à la
ville de Liverdun. " Pour révérence de Dieu, de sa très digne mère et du glorieux martyr Saint-Euchaire.. avons pardonné et remis tous leurs mesfaits et mesdits. " Malgré son affaiblissement, la forteresse compte encore dans la politique lorraine. |
| 1524 | Pour contrarier les visées qu'avait le Roi de France sur les trois évêchés, le Duc ANTOINE fait garnir ses forteresses et obtient de l'évêque Hector d'AILLY de faire occuper Liverdun. |
| 1542 | Des milices touloises sont installées dans la place à la suite d'un accord passé avec François de Guise, Duc de Lorraine. Il s'agit de protéger Liverdun, car à la suite d'un conflit entre le Roi de France FRANÇOIS 1er et l'empereur Charles QUINT les mercenaires du Roi et ceux de l'empereur pillent et incendient le pays. |
| 1552 | Toul est virtuellement sous tutelle française mais l'évêque garde sa souveraineté sur Liverdun. |
| 1563 | L'évêque
Toussaint vient à Liverdun. La place connaît à présent des heures tranquilles. Mais au XVIIè siècle Louis XIII, Roi de France, ordonne que l'on restaure ses fortifications (ce qui laisse à supposer que la restauration de 1542 avait été réalisée de façon précaire). |
| 1587 |
Comme la Lorraine, Liverdun connaît une période favorable à la fin du 15e
siècle, au 16e et au début du 17e. Cette prospérité de 150 ans est troublée
en 1587 par le passage d'une bande de reîtres venant du Palatinat. La châsse
qui contenait les reliques de Saint Euchaire est brûlée. A la suite de ces évènements, l'église Saint Martin est abandonnée. Il ne subsiste que la Collégiale St Euchaire où la paroisse eut son siège. Cette église devint, avec des transformations successives, au fil du temps, l'église paroissiale actuelle Saint Pierre dont on a célébré le centenaire en septembre 1988. C'est cette période prospère qui a laissé le plus de souvenirs : la Porte Haute, l'entrée monumentale du presbytère, la maison du gouverneur, de vieilles maisons, les arcades de la place de la Fontaine. |
| 1632 |
Au 17e siècle, LIVERDUN a souffert de la guerre de Trente Ans, de l'occupation
de la Lorraine par les Français. Le 26 juin, le roi Louis se rend lui-même à Liverdun pour y rencontrer l'envoyé du Duc Charles IV de Lorraine et signer un traité laissant les places fortes sur la Meuse et le Clermontois à la France. Cette nouvelle capitulation lorraine ouvre aux français les portes du duché. Il semble en fait que le désir du roi de rebâtir la place forte n'ait guère été respecté et que rien n'ait été fait pour la remettre en état. Dès lors, les fortifications n'ont plus aucun rôle à jouer dans la stratégie si ce n'est de mettre à l'abri les habitants des bandes armées qui vont écumer la Lorraine durant la guerre de Trente Ans. |
Peu à peu, ce fut la décadence, pour la cité. Les Évêques cessèrent d'y
résider. Le chapitre fut supprimé en 1703. La révolution, à son tour,
supprima la prévôté épiscopale, la remplaça, en quelque sorte, par un chef
lieu de canton, qui fut fixé à Domèvre en Haye.
Pendant la 1ère moitié du 19e siècle, LIVERDUN ne fut plus que le but de
promenades des habitants de NANCY. On venait admirer l'éperon rocheux avec son
village accroché, la Moselle aux berges verdoyantes.
Le creusement du canal de la Marne au Rhin (1838 à 1842), la création de la
ligne de chemin de fer (en 1852) sortirent LIVERDUN de son isolement.
L'édification des ouvrages d'art (tunnel, ponts) provoqua l'arrivée d'un grand
nombre d'ouvriers. (915 habitants en 1837, 2000 en 1851).
L'installation des Forges en 1863 marqua le début de l'industrialisation.
A l'heure actuelle, LIVERDUN n'est plus qu'un gros village, niché autour de sa
citadelle.
Son extension s'est faite en 3 directions :
- vers Pompey, sur la route qui longe la Moselle sur 3 km
avec des constructions individuelles
et des lotissements,
- vers Frouard, avec des constructions individuelles, HLM,
des lotissements au lieu-dit
le Rond Chêne,
- sur le plateau de la Champagne, dans la direction de
Saizerais (LIVERDUN haut) avec de nombreuses constructions qui ont suivi
l'implantation du lotissement américain de Toulaire.
La création d'une zone d'activités a permis l'installation de plusieurs
sociétés, qui complète l'activité économique existante.
LIVERDUN est devenu une ville de 6500 habitants qui connaît une croissance
continue.
La Ville a de nombreux atouts. C'est une zone urbanisée à caractère semi
rural qui séduit par son calme, tout en étant proche de NANCY, TOUL et PONT-À-MOUSSON,
qui offrent de nombreux avantages sur les plans économique, universitaire,
culturel, artistique.
C'est un site réputé, privilégié, touristique, recherché pour son cadre,
son histoire, sa gastronomie.
(1) Avoué
- vouerie- : officier de justice du Moyen-Age exerçant sur des
terres d'Eglise
(2) Leuques : peuplade gauloise de la région de Toul
(3) Pal : pieu aiguisé à un bout
Page mise à jour le mardi 05 juin 2007